Tony Saint Laurent :
"La scène c’est très addictif."

Il promet l’heure la plus courte de notre vie. Le pari est tenu ! Pour sa réouverture, L'apollo théâtre accueille l’inclassable Tony San Laurent. L'humoriste révélé dans le Jamel Comédy Club nous embarque avec lui dans ce show autobiographique à la fin duquel tu essayes de deviner si toutes les histoires sont bien véridiques (comme il le jure) mais surtout tu as bien ris. Après la représentation, il me fait le plaisir de m’accorder quelques minutes pour un entretien de San à San.

Par San Po

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Tony Saint Laurent : "La scène c’est très addictif."

Après avoir pris du temps pour saluer son public à l'extérieur du théâtre, Tony Saint Laurent est de retour dans la salle où je l’attends de pied de ferme. Avant de commencer l'interview, il débrieffe rapidement le show du soir avec son technicien. Après ce passage obligé, l’humoriste s’assoie sur la scène pour répondre à mes questions. La première qui me brûle les lèvres concerne Scarlett Johansson.

San :

Dans le spectacle, tu prétends avoir mis un râteau à Scarlett Johansson. C’est vrai ?

Tony

Le fil rouge du spectacle, c’est que tout ce que je raconte est vrai ! C’est très personnel, très autobiographique. Je me suis vraiment inspiré de ce qui m'est arrivé dans la vie. Après, c’est vrai que je parle de Scarlett Johansson, mais je dis pas si on s’est pécho ou pas.

San :

Mais... Tu as vraiment mis un vent à Scarlett Johansson ?

Tony :

Arrête, tu vas me faire pleurer d’avoir perdu son numéro de téléphone. J’ai mon cœur qui saigne !

San :

Qu’est ce que tu dirais à un mec qui ne te connais pas pour le convaincre de venir voir ton spectacle ?

Tony :

Je garantis un rire toutes les dix secondes. Ça a un côté égotrip, comme dans le rap, mais c’est complètement assumé. J’ai beaucoup travaillé pour rendre le spectacle efficace et très personnel. J’ai des moments plus sincères, et des moments où c’est plus de la déconnade. Surtout, je garantis un très bon rapport qualité-prix. D'ailleurs, je peux venir chercher la personne en voiture et je la ramène après. À la fin du spectacle, je lui ramène une petite boite Tupperware, et j’ai deux formules : une vegan, une poulet.

San :

Pourquoi appeler ce spectacle inclassable ?

Tony :

Inclassable remonte à ma période écolier. Je crois que c’est la remarque d’une prof ou un truc comme ça. Elle ne savait pas trop dans quelle case me mettre. On ne savait pas si j'étais dans les bons ou les mauvais élèves. On ne savait pas si j’avais un corps musclé ou un corps de lâche. Même quand j’ai commencé la scène, on me disait “tu ne ressembles à personne” !'. En bref, on ne savait pas où me ranger. Ça m'est apparu tout seul : “Inclassable”. Au début, je voulais l’appeler beau gosse, mais c’était trop sincère (rire).

San :

Tu as un humour très libre. Tu n'as pas peur du bad buzz ?

Tony :

(il réfléchit) Je ne vois pas pourquoi il y aurait un Bad Buzz. Je pense que j’aborde de vraies valeurs. Je parle de l'amitié, de la mort, de la vieillesse, de la famille. Pour moi tout le monde, doit être pareil. Je ne pense pas qu’il y ait de la méchanceté gratuite dans ce spectacle. Je pars du principe qu’on peut rire de tout en essayant de blesser personne.

San :

Aujourd’hui; on voit beaucoup d'humoristes qui commencent sur internet. Toi même tu t’y es mis pendant le confinement. Tu penses que c’est devenu un passage obligé ?

Tony :

Maintenant tu es obligé d'exister sur les réseaux sociaux. Certains youtubeurs sauteny le pas et tentent de faire de la scène... Mais c’est sûr que si tu veux être performant, t(es obligé de venir te roder dans les comédies clubs.

Au sujet de mes vidéos, pendant le confinemenT... (il souffle) Ce confinement, c’était un film de science-fiction ! Je crois que c’est (les vidéos) quelque chose qui s'est imposé naturellement. Les séries, on avait fait le tour, les films aussi. La vidéo, ça créait un vrai lien. Tu sais, pour nous, la scène c’est très addictif. Moi, je joue souvent quatre, cinq fois par semaine. Quand ton travail, ta passion s’arrête, tu es obligé de combler. Ce soir, de rejouer pour ma première, c’est un diamant.

San :

Pourquoi c’est une addiction, la scène ?

Tony :

Ça a quelque chose d’extrêmement addictif ! C’est indescriptible. C’est le pied il y a rien à dire.

San :

Travailler avec des monstres de l’humour, comme Arthur ou Jamel, qu’est ce que ça apporte ?

Tony :

Tu as un côté un peu éponge. Tu regardes avec des yeux d’enfants, tu t’inspires, tu prends note. C’est un rêve de gamin. J’ai la chance d’avoir Arthur comme producteur, c’est une personne extrêmement bienveillante. Il m’envoie un texto juste après le spectacle, il vient le voir régulièrement. C’est une chance d’avoir un producteur qui t’a fait rigoler toute ta vie. J’ai beaucoup de respect pour son travail. Humainement et professionnellement, c’est très inspirant.

Il y a aussi une certaine pression. Tu n'as pas envie de le décevoir. Il n'y a pas de secret : c’est gens là, ce sont des bosseurs. Donc il faut bosser.

San :

C’est quoi tes influences dans le métier ?

Tony :

Il y en a tellement ! J’en parle dans le spectacle : mon grand-père regardait beaucoup de comédie. J’ai été bercé aux Bronzés, aux films de Peter Sellers. Quand j’allais chez mes grands-parents il y avait toujours des comédies.

San :

Et ton film préféré aujourd’hui ?

Tony :

Dans la nouvelle génération, j’aime beaucoup les comédies de Philippe Lachaud et de Tarek Boudali. J’ai pris de grosses claques avec ces films.

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