Une fois,
pas deux !

Quel "ouf" de soulagement ! Je ne l'imaginais pas possible avant la rencontre, mais l’ombre de la remontada a plané sur le Parc des Princes mardi soir. Malgré tout, Paris a assuré l'essentiel en arrachant le match nul contre Barcelone grâce à un cadeau du ciel nommé Keylor Navas. Compte rendu à chaud d’un match qui a donné des sueurs froides aux supporters, jusqu’au bout.

Par San Po

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Une fois, pas deux !

Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé. Mais Paris qualifié. Qualifié par Navas et par lui seul. J’aurais pu titrer saint Keylor, tellement le gardien costaricien a été grand ce soir. J’en aurai pour trois jours, je vous jure, à vous citer tous les arrêts du portier face à Dembelé, Griezmann, Messi et consort (neuf parades au total). Je ne vous raconterai que le plus beau. Messi se présente dans les arrêts de jeu de la première mi-temps pour défier Navas sur Penalty. Le costaricien n’avait jamais arrêté un pénalty de l’argentin. Mais ce soir, le goal parisien a décidé de faire de miracle. Il repousse la tentative du capitaine catalan sur la barre. Une parade salvatrice qui permet aux rouges et bleus de retourner aux vestiaires sur le score de 1-1. Sur cet arrêt qui prend la forme d'une canonisation, j'exulte. J'espère que mes voisins, supporters Marseillais et de facto Catalans, m'ont entendu. J’en appelle maintenant à la maire de Paris : il faut ériger une statue à notre ange gardien au sommet de Notre Dame pour remplacer la flèche de la cathédrale.

Si je vous parle tant du portier du PSG, c’est qu’il n’y a guère grand chose d’autre à retenir du match des Parisiens (mise à part la présentation solide de la charnière Kimpembe-Marquinhos) sauf l'essentiel : la qualification ! Paris aura bien son printemps européen.

Un retour toujours difficile

Cette qualification les parisiens la doivent en grande partie à leur victoire 4-1 au match aller à Barcelone. Ce soir je n'ai pas reconnu le Paris qui m'avait émerveillé au Camp Nou le 16 février dernier. À l’image d’un Verratti, placé une nouvelle fois en Maestro de l’orchestre parisien, l’équipe de Mauricio Pochettino a toujours été dans le mauvais tempo. Au contraire les Catalans, eux aussi méconnaissables par rapport au match aller, ont joué à un rythme endiablé. Asphyxié par la partition diabolique des Barcelonais, les rouges bleus ne doivent leur salut qu'à leur muraille costaricienne.

C’est finalement contre le cour du jeu que Kylian Mbappé a offert l'ouverture du score au PSG sur pénalty (31ème). Messi aura répondu au génie français d’une frappe ensorcelante à trente mètres des filets (37ème). Même Saint Keylor est impuissant face à celui qu'on suppose souvent G.O.A.T (Greatest Of All Time). Pour ce qui est vraisemblablement son dernier match dans la plus belle des compétitions européennes avec son Barça, l’argentin sort par la grande porte et rappelle à tous l'évidence : Messi est un D1OS du football. En deuxième mi-temps les Barcelonais, toujours supérieurs, vont baisser de pied. Le score ne bougera plus.

Forcé de constater que, comme en 2014 contre Chelsea, en 2017 contre Barcelone, et en 2019 contre Manchester, Paris n’a pas su prendre le match retour par le bon bout alors que le club de la capitale avait fait le taff au match aller. Un constat partagé par l'entraîneur parisien Mauricio Pochettino. “Ce qui est clair, c’est qu’on a trop pensé. On a gambergé et on n'a pas assez pensé au jeu” a- t-il expliqué à la fin de la rencontre au micro de RMC sport. “C’était chaud” à la mi-temps avoue Marquinhos sourire en coin, toujours à RMC sport. En accédant cette fois au tour suivant, les Parisiens ont peut-être enfin vaincu le signe indien.

La fin d'un cauchemar

En me couchant après cette rencontre pleine d’émotions, des flashbacks me reviennent. Demba Ba qui crucifie Sirigu, Ransford qui punit un Buffon calamiteux, le monde qui s’écroule quand Sergio Roberto bat Kevin Trapp. Ce même cauchemar qui se répète encore et encore. à chaque fois les mêmes sentiments qui reviennent : l’incompréhension, la honte, le désespoir. Mais ce soir, il s'est passé quelque chose. Certes, on n'a pas fait le match qu'il fallait techniquement, mais ce soir, la providence était de notre coté.

Ce soir, c’est passé. Il n’y aura pas de come-back, pas de remontada. Certes tout n'est pas parfait, et si nous voulons atteindre le graal européen, nous devons élever notre niveau de jeu avant le 6 avril. Mais ce soir, l’important n’est pas là. Ce soir, le cauchemar est enfin fini. Ce soir, en me couchant, je pourrai enfin rêver plus grand.

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