Le danger du
féminisme radical

Un billet d'humeur, un coup de gueule, et celui-ci est signé par Justine, alias San Judo, pour une démarche féministe plus inclusive à l'égard des hommes.

Par San Judo

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Le danger du féminisme radical

Depuis quelques années maintenant, certains mouvements féministes se développent de manière virulente. Ils s’insurgent, collent des affiches contre les murs aux mots violents qui accusent avec une généralité effrayante les hommes de viols ou de meurtres envers les femmes. Nous ne pouvons certes dénigrer les violences qui existent à leur encontre et les injustices présentes envers elles. Cependant nous sommes en droits de nous demander ceux qu'elles accusent par ces affiches.

Quelle proportion d’hommes dans la rue est réellement touchée par des messages qui les accusent de maux qui n’existent même pas dans leur cauchemar ? Est-il juste de réduire les hommes à des animaux incapables de contrôle quand on estime à 1% les violences conjugales de type physique ou sexuelles subies par les femmes ? Prônent-elles réellement le féminisme ou ces messages haineux décrédibilisent-ils le mouvement ?

Ne nous méprenons pas, je suis une femme qui se sent homme et qui se considère féministe, je suis totalement pour l’égalité des hommes et des femmes et j’attends avec impatience le jour où les femmes seront jugées avec autant de sévérité que les hommes lorsqu’elles seront actrices de violence physique et/ou morales. Aujourd’hui, un homme qui se défend face à une femme violente sera jugé coupable. Là, il existe une énième inégalité et celle-ci n'est pas à négliger au profit d'une autre. De nos jours, un homme qui subit des violences est condamné au silence sous la menace de l’atteinte à sa virilité. Là aussi, je vois une inégalité que le féminisme se garde bien de mettre en avant.

Peut-être pourrions-nous mettre les chiffres à jour et réaliser de réelles comparaisons le jour où les hommes oseront parler des violences qu’ils subissent eux-mêmes. Attention, nous sommes bien conscients des perturbations quotidiennes dans la vie des femmes, certains hommes sont tout simplement inhumains pendant que d’autres manquent certainement d’éducation. Mais est-il juste de créer des complexes envers d’autres homme tout à fait éduqués bien qui n’osent même plus s’aventurer à aborder correctement une fille dans la rue sous peine de se retrouver en première ligne d’un hashtag féministe ?

Je pose aujourd’hui la question de ce qu’est réellement le féminisme et de ce qu’il devrait mettre en avant. Les revendications s’éparpillent et certaines femmes considèrent participer au grand changement en lançant des regards noirs à un homme qui leur sourit. Il serait temps de définir les frontières du féminisme, quelles injustices doivent prioritairement évoluer dans la société actuelle et établir des méthodes concrètes, sans accusations qui condamnent tout un genre.

Le problème de ce genre de propos, quand bien même ils sont tenus par un individu qui dispose d'un vagin, c'est qu'ils susciteront l'indignation de ceux qu'ils visent, et cet opinion sera violemment et inéluctablement condamnés. Les réfractaires, pourtant représentant du progrès, diront qu'on victimise les hommes, et ils ajouteront que les hommes ne sont pas à plaindre. Pourtant, n'est-ce pas une démarche intelligente, que de donner la parole à des hommes bons pour qu'ils se revendiquent comme tels et qu'ils donnent l'exemple aux autres ? Et n'est-ce pas également une bonne chose, que les féministes insistent sur l'existence de ces hommes-là, en ne parlant plus seulement "des hommes" mais en disant plutôt "les violeurs" ou "les violents ?".

Un combat comme le combat féministe ne se gagnera pas sans les hommes, il faudra faire front ensemble. Et pour cela, il serait temps de renommer l'adversaire en ne l'appelant plus "l'homme", parce que tous les hommes ne sont pas des ambassadeurs du patriarcat, et pour ceux qui en subissent l'influence, il s'agirait de les en extraire par des propos nuancés.

Mais comme le suggère la subjectivité prônée par le magazine : San engage que moi !

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