Hunter S. Thompson :
le Pape du Gonzo

Je vous propose un portrait d'un monument qui a inspiré le magazine San dans sa ligne éditoriale : Hunter S. Thompson, le fondateur le parrain de l'écriture Gonzo dans les années soixante-dix.

Par San Hajaji

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Hunter S. Thompson : le Pape du Gonzo

Le Gonzo pourrait se définir comme un journalisme édulcoré qui dépasse la simple énonciation des faits. C’est une technique qui consiste à décrire les événements d’une façon subjective. Ici, l’auteur fait partie intégrante de l’histoire qu’il raconte. Né dans les années soixante-dix sous l’impulsion de Bill Cardoso puis, de Hunter S. Thompson, le mouvement a, depuis, acquis ses lettres de noblesse.

Un journaliste atypique

Hunter S. Thompson se fait d'abord reconnaître au sein de rédactions prestigieuses telles que The New York Times Magazine grâce à une écriture féroce et engagée. Mais le grand public le découvre à travers son livre Hell’s Angels publié en 1966 par la célèbre maison d’édition Random House. Cet ouvrage propose une véritable immersion dans le monde des bikers, mais le livre est extrêmement mal accueilli par la communauté Hell’s Angels qui l’accuse de vouloir se faire de l’argent sur leur dos, et de fil en aiguille, plusieurs membres le passent à tabac.
De son propre aveu, Hunter S. Thompson écrit la plupart de ses articles et de ses livres sous drogue. Pour lui, c’est une manière de libérer son écriture. Une folle virée avec le dessinateur anglais Ralph Steadman sous alcool et drogue inspirera un autre de ses ouvrages qui deviendra le génialissime film Las Vegas Parano avec Johnny Depp et Benicio Del Toro, sorti en 1998.
Hunter S. Thompson dénote dans le décor des années soixante-dix. À contre-courant de la culture hippie qu’il considère comme mollassonne et sans véritable engagement politique, l’auteur préconise une culture forte et brutale. C’est un passionné des armes à feu et il n’hésitera à se présenter aux élections de shérif du comté de Pitkin en 1970, qu’il perdra de justesse. Pour le profane qui souhaiterait le découvrir, il n'y a qu'un seul livre à lire pour prendre la pleine mesure de ce nouveau style d’écriture, Fear and loathing : On the Campaign Trail 72, sorti en 1973. Livre dans lequel Hunter approfondit l’observation de la contre-culture.

Le Gonzo : le nouvel étendard du journalisme

Un journaliste « Gonzoïde », c’est un journaliste qui n’a pas peur de se salir les mains, de donner son point de vue quant à l’événement qu’il narre. C’est une tête brûlée. Aujourd’hui, nombreux sont les journalistes qui se frottent à l’exercice malgré les risques encourus. Car si l’on écrit sur la dépendance au crack, par exemple, il faut être capable de décrire de l’intérieur les ravages provoqués par la drogue et, donc, d’expérimenter à son tour le produit. Parmi les plus célèbres journalistes du genre, citons en vrac : Yves Adrien, Laurent Chalumeau, Philippe Manœuvre, Alain Dister et Philippe Garnier.
Peu le savent mais Hunter S. Thompson s’est beaucoup inspiré du romancier William Faulkner pour écrire ses articles. C’est-à-dire d’une écriture ultra réaliste. Pour lui, la définition du Gonzo peut se tenir en une phrase : « Le reportage gonzo allie la plume d’un maître-reporter, le talent d’un photographe de renom et les couilles en bronze d’un acteur. » La frontière est mince entre le journaliste gonzoïde et l’écrivain. Les deux font appel à leur fibre émotionnelle pour écrire.
Je ne pouvais pas écrire pour San Magazine sans aborder le Gonzo étant donné que le magazine en a fait l'un des aspects de de sa ligne éditoriale. Maintenant, vous êtes prévenus.

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