Black Widow :
Place aux héroïnes

Plusieurs fois repoussée, la dernière production des studios Marvel a enfin fait son apparition sur grand écran le 7 juillet dernier. Toutefois, après un départ en fanfare, la Veuve Noire peine à confirmer l'essai, malgré un film plutôt réussi.

Par San Po

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Black Widow : Place aux héroïnes

Honneur aux dames ! Pour sa rentrée post-covid Marvel a décidé de mettre en avant une super héroïne : Scarlett Johansson interprète Natasha Romanoff à l’affiche de Black Widow.

Très attendu, parce qu'il donne pour la seconde fois le pouvoir à une femme, après le fameux Captain Marvel, le nouvel opus de la galaxie du MCU ne semble pas parvenir à convaincre son monde. Dès la deuxième semaine de diffusion, le chiffre d'affaire hebdomadaire descendait à “seulement” 26 millions dollars contre 80 millions en première semaine. Une chute vertigineuse qui s’explique par la présence du film sur plateforme Dinsey+ dans plusieurs pays (pas en France) et une critique pas toujours tendre... Mais pas seulement.

Pour toi, lecteur de San, j’ai décidé de me faire mon propre avis pour t'exposer un autre ressenti, délibérément subjectif. Muni de mon pass sanitaire, j’ai donc passé mon vendredi aprem à me cailler sous la clim d'une salle de ciné. Je ne le regrette, ni le rhume qui m'a été offert avec mes pop-corns. Pour l'ensemble, Black Widow offre une copie d’assez bonne facture. Petit bémol : la place réduite des hommes dans l'intrigue qui ne met pas la femme en valeur. Bien au contraire.

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Si, toi aussi, tu aimes les héroïnes *badass *(dur à cuire dans la langue de Molière) alors n’hésite pas ! Black Widow est fait pour toi. Natasha Romanoff, interprétée comme toujours par Scarlett Johansson, héroïne ténébreuse et solitaire, s'embarque dans une épopée familiale pour faire la peau à son ennemi juré : le général Dreykov (Ray Winstone).

Black Widow ne renverse pas la table. C’est du Marvel pur jus !

Accompagné de sa petite sœur Yelena, une copie conforme de la Veuve Noire avec un soupçon de malice en plus, et un brin jalouse de son ainée, l’agent Romanoff part à la traque du maitre de la Chambre Rouge, le programme de formation inhumain où elle a été élevée.

Si on sort un peu de l’ambiance super héros pour plonger dans l'univers d’un film d'espionnage, Black Widow ne renverse pas la table. C’est du Marvel pur jus ! Explosion, course poursuite, une touche de sarcasme, le compte y est. Le tout est tenu par Scarlett Johansson toujours solide et une Florence Pugh (Yéléna) qui est ma révélation du film. Même si le film est sans surprise, il ne déçoit pas non plus.

Où sont les hommes ?

Black Widow fait évidemment la part belle à ces dames, mais qu’elle place est accordé à nous autre San ? Pas la plus belle. La présence masculine du film se résume à deux personnages : Alexei Shostakov, alter ego soviétique et bedonnant de Captain America, magnifiquement interprété par David Harbour, et le général Dreykov qui à lui aussi largement atteint l’âge de la maturité. Autrement dit deux mal blancs de cinquante ans qui frisent avec le pathétique. Seul le rôle secondaire, si ce n'est tertiaire, de son ami l'aidant à changer d'identité, et dont je ne me rappelle plus le nom s'il est mentionné, est présenté comme un personnage non-toxique.

Attention, je ne plaide pas pour un monopole masculin dans le film d’action. Je me demande juste ce qui explique un tel déséquilibre. Même les mercenaires de Dreykov sont des femmes. Annihilé à ce point la figure masculine dès qu’on donne le pouvoir aux femmes est, à mes yeux, contre -roductif. Quel message est envoyé : la femme ne peut affronter et gagner contre un homme qu’à condition qu’il soit affaibli voir qu'il n'existe pas. En regardant le film, j'avais l’impression d’être devant un tournoi de la WTA. Et quitte à réduire l'homme au rang "des méchants", autant en faire un adversaire, plutôt que de mettre des femmes parmi les combattantes adverses, à l'image des derniers Star Wars qui viennent ruiner la pertinence des premiers.

Wonder Woman, la super-héroïne de la Warner, qui offre pourtant un rendu de moins bonne qualité, ne tombe pas dans l'écueil d'effacer la présence masculine à l’écran. Au contraire, Diana (Gal Gadot) est sorti de son cocon protecteur où elle entourait d'amazones, pour plonger dans un monde en guerre et ultra-contrôlé par l’homme. Dans cet univers hostile, elle va réussir à s'imposer. Avec Wonder Woman, la Warner nous offre un exemple d’émancipation de la femme au cinéma ! Si le scénario est moins palpitant, la représentation féminine y est pertinente. Un exemple que devrait sans doute suivre Marvel.

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